Carte postale ski 2013

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Carte postale ski 2013

Message par Merisel Faradhreia le Dim 17 Mar - 19:39

Bonjour les Ecuyers !!

Avec un peu de retard, je souhaitais vous faire profiter de mon air des pistes encore frais.

C'est intitulé carte postale mais je n'ai encore aucune photo. Ca viendra plus tard.

Je suis rentrée dimanche dernier, le 10 mars, du ski, on a passé une semaine à La Plagne, où il a fait certainement moins mauvais que sur Paris à notre retour ! Elise a décroché sa troisième étoile, elle a passé son examen le seul jour où il a neigé au dessus de 1500 et plu en dessous, si ce n'est pas de la chance, ça. On s'est bien éclaté entre La Plagne et Les Arcs. Les deux domaines réunis sous l'appellation Paradiski sont voisins, comme le sont Tignes et Val d'Isère (Espace Killy), on y passe de l'un à l'autre avec le forfait adéquat, et cette année la neige était bien meilleure que l'année dernière, avec très peu de pistes fermées. J'ai pu descendre des rouges et des noires qui n'étaient pas praticables l'année dernière. Champs de bosses à gogo ! 

J'adore le ski, pas seulement parce que je skie depuis que je suis petite et que j'y trouve mon compte, mais c'est surtout parce que c'est le sport de l'éclate par excellence. On est complètement décomplexé, c'est le seul endroit où on fait rire les gens quand on est tous entassés dans une cabine de téléphérique, et que l'on imite le troupeau de moutons quand tout le monde en sort, le seul endroit où l'on ne se fait pas remarquer en portant un bonnet avec des cornes de vache ou des bois d'élan, un bonnet de bouffon avec ses grelots, des oreilles de lapin ou autre appendice céphalique, ça colle. Le monde des pistes est très coloré, on y voit des combinaisons de toutes les couleurs, des skis et des chaussures de toutes les couleurs, des casques et des bonnets de toutes les couleurs, même si elles sont mal assorties, ça ne choque pas, ça colle. C'est un monde où on est tous mûs par le même objectif, où on regarde tous dans la même direction : l'arrivée. Que ce soit par beau temps ou par sale temps, et cette année on a traversé une large variété de conditions climatiques pendant ces 6 jours, la grande majorité des gens sont décontractés, souriants, au pire on s'échange des petites vannes sans conséquence, mais personne ne s'insulte quand on se croise et se dépasse dans les descentes (et on s'y croise et se dépasse beaucoup, parfois à la limite de la collision !). L'entraide est partout, on vous ramasse vos skis et vos bâtons quand vous avez déchaussé au cours d'une grosse gamelle, on vous demande si ça va, on vous aide à vous remettre debout, même les gens sur les télésièges suspendus au-dessus de votre tête vous envoient des /cheer. Et tout ça au naturel, rien n'est feint. Uh non je ne suis pas tombée, j'ai juste pris un tas de neige dans un pipe (piste en demi cylindre en français, où le jeu consiste à faire des grande boucles en remontant très haut sur les côtés, les snowboarders font ça très bien, nous les skieurs alpins sommes juste bons à y chopper le mal de mer), ce qui m'a fait faire un 360 sur les mains, à part ça rien de grave.

Personne ne se prend au sérieux, et franchement ça change tout. Il doit y avoir des "ploucs", mais ils doivent être tellement peu nombreux qu'on ne les voit pas au milieu de la joyeuse masse. Le dernier que j'ai croisé, c'était il y a 4 ans, dans mon groupe de cours. Jusqu'à encore récemment, je m'inscrivais en cours, j'avais besoin de reprendre un peu ma technique de descente, on a toujours des trucs à apprendre. Et puis le fun de partir avec un moniteur, c'est qu'il fait découvrir des coins du domaine qu'on ne connaissait pas forcément, il nous fait faire des choses que tout seul on n'oserait peut-être pas entreprendre, et pour peu que le groupe soit un peu bon on s'amuse vraiment. Et cette année là le groupe était bon. Mon « plouc » un peu moins. Bizarrement c'était un ingénieur informaticien. Il m'a rappelé mon mari ! Même attitude, même comportement, même formatage ! « Plie plus les genoux » qu'on lui dit/ « Ouais, mais je les plie ! »/ On voit bien qu'il est raide comme un piquet ; « Il faut que tu te pousses, sinon je vais pas pouvoir tourner » qu'il dit, alors qu'il y a tout le reste de la piste, il peut contourner par au-dessus ou par en-dessous, mais non, trop dur de se redessiner une trajectoire autre que celle qui est devant lui. C'est ça quand on a la vision limitée à un écran. On ne sait plus sortir du cadre. Pas sympa, pas souriant, se prend tout le temps au sérieux, ne veut pas chercher à comprendre, pense toujours qu'il est dans le vrai... Je m'attendais presque à ce qu'il nous dise de skier moins vite parce que ce n'était pas la bonne vitesse pour lui... Enfin vous voyez. Mon mari ne skie pas, il nous a suivis une année mais ça ne lui a pas plu. Du coup je pars avec les enfants, avec ma soeur et mon papa. Papa est un gros mordu de ski, il part au moins 4 fois par an, il connait énormément de domaines, et il nous montre toutes les bonnes pistes. 

C'est ma deuxième année à La Plagne, la troisième en fait, si l'on compte la fois où j'y étais quand j'avais 8 ou 9 ans, mais je n'en garde pas de grand souvenir, et je préfère toujours l'Espace Killy : à La Plagne et aux Arcs, les versants sont très exposés au soleil, la qualité de la neige varie beaucoup en fonction de la journée. Il faut choisir ses pistes en fonction de leur ensoleillement si on ne veut pas skier sur de la glace ou dans la purée. A l'Espace Killy les versants sont moins exposés, la qualité de la neige est toujours plus homogène et constante. Presque toujours le matin c'est un peu glacé partout, et en milieu et fin de journée c'est de la très bonne poudreuse partout. A Paradiski, le terrain n'est jamais le même nulle part, il faut savoir adapter son ski, et il y a des pistes qui finissent par devenir impraticables s'il ne neige pas un peu, parce que ça fond vite. Quand on est arrivé il venait de neiger deux ou trois jours avant, et par endroits on skiait déjà dans de la purée, avec des patches de terre apparente. Rarissime à Tignes.

J1 c'était la mise en jambes, on a fait le tour du domaine ; J2 il faisait très beau, on a fait nos sandwiches et on est passés de l'autre côté aux Arcs. Quand on va jouer sur le domaine à côté, impossible de rentrer manger, c'est 5 ou 6 heures de ski non stop pour pouvoir faire tout le tour et rentrer avant la fermeture des pistes. On a skié jusqu'à l'autre bout des Arcs pour pouvoir descendre la piste rouge de l'Aiguille Rouge. Excellente piste, très longue descente. L'année dernière on avait descendu la noire du même secteur mais on a été très déçus parce qu'elle était jonchée de caillasse. J3 il faisait bon, on a été explorer le vallon de Champagny encaissé à l'extrémité de la Plagne, qu'on n'avait pas eu le temps de faire l'année dernière (et en plus ce n'était pas assez enneigé l'année dernière). Papa nous avait conseillé d'y aller le plus tôt possible tant qu'il y avait de la neige parce qu'au fil des jours ça devient très vite de la purée. J3 c'était déjà un peu juste, mais encore faisable.

On y est donc monté ensemble, et on a fait une des deux bonnes rouges de là-bas, qui s'appelle Mont de la Guerre. Elle commence par un long chemin le long d'une crête qui va assez vite, et se finit par deux bons murs dont le second est une très longue section de descente avec une belle pente d'environ 50°. Sur le papier, 50° ça n'a pas l'air bien gros, mais c'est une grosse pente sur le terrain. Genre on arrive, on voit la première bosse et après plus rien. Ben punaise j'ai compris pourquoi ça s'appelle Mont de la Guerre : il avait pourtant neigé récemment, et quand on a abordé le second mur, toute la pente était faite de neige en purée mélangée à de la terre avec patches de terre à nu. Je suis arrivée dessus, papa était en train de parler avec un monsieur qui avait peur de se lancer, parce que c'est quand même impressionnant à voir d'en haut, cette immense descente très pentue. Je l'ai entendu lui dire qu'il y avait environ 100m. De dénivelé certainement, et que ce n'était pas grande chose, qu'il fallait se lancer. Le monsieur lui a répondu « je vous laisse y aller avant moi ». C'est toujours comme ça. En haut d'une grosse pente bizarrement plein de monde s'arrête et regarde le truc qui se présente devant eux. Plus on se pose de questions et plus l'appréhension monte.

Je suis donc arrivée derrière mon papa, et avant même de voir la pente j'ai vu l'état de la neige. Et je me suis exclamée, avec ma voix de Pikachu que ceux qui m'ont déjà entendue sur TS connaissent bien : « mais elle est sale !! » Je ne sais pas, ça a dû faire de l'effet, les gens autour m'ont regardée, ils ont dû me prendre pour une cinglée. Eux ils voient la grosse pente, et moi je vois la neige toute sale, je pense à mes skis fraîchement fartés, à combien de balafres il vont se prendre en pleine poire dans la descente parce qu'il y a plein de cailloux, de brindilles de sapin, de fragments de pommes de pin... On ne vit pas dans le même monde... Et ma soeur qui me répond en rigolant : « Ben écoute, si tu veux, la montagne, de base, c'est de la terre et des cailloux... » Moui... Bon OK, dis-je, sur un ton résigné... Je ne réfléchis pas plus, et ni une ni deux je franchis la première bosse et je descends d'une traite. Tout facile. Du coup le monsieur m'a suivie, il est parti juste derrière moi. Je ne l'ai pas vu, c'est ma soeur qui me l'a raconté lors du debriefing après la journée de ski. lol.

Ceci dit, même si elle était crasseuse à souhait, c'était une super descente. Et tout facile : neige très molle, s'écrase facilement, on tourne comme on veut dessus. Evidemment elle colle parce qu'elle est fondue façon écrasée de pommes de terre. De la purée quoi.

A partir de J4 on a commencé à enchaîner les très grosses pentes qu'on n'avait pas faites l'année dernière, entre Plagne et Arcs. C'est là qu'on rigole le plus, on encaisse des bosses hautes à mi-cuisse, on se mange des descentes très pentues, on croise des gens qui descendent en monde boule de neige, des autres qui galèrent, d'autres qui galèrent un peu moins, et quelques-uns très à l'aise qui nous en mettent plein la vue en survolant ces pentes pourtant bien méchantes.

J5, on a attrapé tout à fait par hasard, parce qu'on passait par Belle Plagne pour rentrer à Bellecôte, le grand goûter Milka, avec la vache Milka !! On a fait une photo avec, c'était obligé !! Liliane (ma grande) a participé aux défis de la Vache Milka, on s'est fait offrir du chocolat chaud, bienvenu parce qu'il faisait très froid ce jour là, et des barres de chocolat Milka. Ce jour là il a bien neigé et plus bas il pleuvait, à Montalbert par exemple, où on a fait un tour juste pour rire. Et ce jour là pendant qu'on sirotait notre chocolat chaud en regardant la « Danse du Chocolat Milka », et où la Plagne a battu le record du « Plus long Meuh », Elise a passé sa troisième étoile. Dans le blizzard. Bravo la puce, ça n'a pas dû être simple de faire son slalom dans de telles conditions.

Le dernier jour, Elise était avec nous, toute contente de skier avec maman, avec sa troisième étoile toute neuve fièrement épinglée sur la combi, elle a voulu tester une piste noire, elle qui n'est pas encore bien fléchie sur ses skis. Pressentant ce qui risquait de se passer, on l'a emmenée sur une courte section de mur d'une des grandes pistes des Arcs. Elle a fait deux virages, et a descendu tout le reste en mode toboggan, laissant derrière elle un ski. Pour le casting du Petit Poucet, il faudra faire mieux. On l'a quand même félicitée parce qu'elle n'a pas eu peur de relever le défi, et elle était très enthousiaste à l'idée de descendre une noire. Après ça elle a voulu nous suivre sur un champ de bosses assez costaud. Les Arcs c'est plein de champs de bosses à côté des pistes et entre les pistes, les pistes sont damées et balisées mais en réalité on peut skier partout à côté, et c'est ce que les gens un peu fous-fous font, c'est toujours plus drôle, si bien que le domaine ressemble à un vaste naturide façon Col des V à Tignes. Elle a donc pris le champ de bosses avec nous, et à peine la deuxième bosse contournée de façon acrobatique, elle se prend la troisième et finit façon crêpe Suzette dans le creux derrière. Il faut dire que les bosses sont aussi hautes qu'elle... Elle a 11 ans mais c'est un petit gabarit, elle a la taille d'une enfant de 8 ans.

Ce qu'il y a de très sympa à Paradiski et qu'il n'y a pas à l'Espace Killy, ce sont les sapins. Il y en a partout. On peut skier entre les arbres en bordure de piste ou pour traverser et rejoindre une autre piste, c'est très rigolo. L'année dernière on a fait ça avec le frangin, personne n'a fini lové autour d'un arbre façon Goofy. On était déçus Wink L'autre truc fun à Paradiski, c'est le grand nombre d'aires de jeu : piste de luge géante en plein secteur de descente, pas si facile, snow park et pistes de cross un peu partout, et vers Arcs 1800 un espèce de "sliding pool", piscine de faible profondeur que vous devez franchir sur vos skis façon ski nautique (sans le hors-bord pour vous tracter hein), après avoir descendu une pente normalement calculée pour vous donner suffisamment de vitesse. Défi simple à en parler comme ça, mais j'en a plus vus qui finissaient trempés au milieu du bassin qu'ils n'y en avaient qui parvenaient à le traverser sur les skis ou le snowboard. Et tout ça au beau milieu des pistes, pas moyen de rentrer chez soi si on sort trempé ! Et la piste Milka, en allant vers Champagny, où on trouve une cloche suspendue en bord de piste au bout d'une perche, et que vous devez taper du bout du bâton en passant (à pleine vitesse, elle est dans un virage) pour la faire sonner. Elle a un très joli son. En fait c'était impossible de s'en approcher parce qu'il y avait plein de gosses à l'arrêt autour qui la faisaient tinter à répétition.

Evidemment tout n'est pas aussi amusant que je vous l'ai décrit : il y a les accidents. La montagne, c'est une puissance de la nature, on joue sur de l'eau, et l'eau est celui des cinq éléments qui a le plus de puissance, c'est également le plus imprévisible. Il faut savoir le respecter. Cette année j'ai énormément vu d'interventions de secours héliportés, plus encore que l'année dernière, de pisteurs à motoneige qui rentraient avec une civière. Il y en avait proportionnellement plus qu'à Tignes. Ainsi que je l'ai dit l'année dernière, soit les gens skient nettement moins bien qu'à Tignes et ne respectent pas les consignes de sécurité, soit le terrain ici est plus dangereux qu'à Tignes, en raison de sa qualité inconstante. Avec ma petite expérience, je peux pourtant vous dire que les pistes de la Plagne ne sont pas aussi difficiles qu'à Tignes.

L'année prochaine on projette de retourner aux 3 Vallées (Meribel, Courchevel, Val Thorens, les Menuires etc), on essaiera de s'organiser avec les cousins de Suisse, pour leur montrer que des parisiens qui skient ne sont pas si ridicules que ça. Ils n'arrêtent pas de nous railler sur le sujet. Pourtant c'est le bon sens qui parle : à Paris, nulle montagne ! Je vous raconterai si cela se fait Wink Je me doute bien qu'ils nous battent à plate couture, les cousins, en Suisse ils font du ski comme on surfe en Floride.

En y pensant, tous ces grand domaines skiables se jouxtent dans cet immense mouchoir de poche qu'on appelle la Vanoise. De Tignes, si vous montez au glacier de la Grande Motte, et que vous regardez le panorama, il y a une série de sommets dont un qui se reconnaît facilement car sa roche est toute striée : c'est la Grande Casse. Eh bien derrière, ce sont les Arcs. Et depuis le glacier de la Plagne, par beau temps on peut apercevoir Courchevel !

Du coup il a fait tellement mauvais en rentrant que j'ai ressorti les gants de ski, les sous-vêtements thermotruc respirants (garde la chaleur et évacue l'humidité), on s'est même dit avec ma soeur qu'on allait aussi remettre les skis (on a tous notre paire et nos chaussures, sauf Elise qui est encore trop petite) pour aller bosser, on irait encore plus vite que les voitures ! Mardi j'ai failli ne pas pouvoir aller bosser, et je me suis demandé si je n'allais pas devoir passer la nuit du mardi au mercredi sur le lieu de travail, vu la galère qu'ils avaient annoncée pour mercredi. J'ai carrément fait porter à Elise une de ses combi pour qu'elle n'ait pas froid. Mais c'est cool la neige, ça calme les gens. Mardi soir en rentrant à pied depuis la gare de Massy, j'ai croisé un chasse-neige. Ca peut paraître incongru en ville, mais comme je revenais du ski, je l'ai trouvé un peu pitoyable en repensant aux grosses dameuses made in Switzerland des stations de ski. Ca fait demi-portion à côté !

Voilà c'est la fin de ce petit carnet de voyage de retour du ski, comme chaque année. C'est bien, avec la neige j'avais encore un petit goût de sports d'hiver. Quand on débarque d'un endroit où on est sous 2m de neige et qu'on arrive à un autre où les gens se lamentent pour quelques centimètres, ça laisse songeur...

Merci de m'avoir lue, ça faisait un moment que je m'étais tue, mais rassurez-vous je suis toujours là ! Désolée pour ceux qui reçoivent d'habitude mes cartes postales, cette année j'ai complètement zappé :/

Histoire de prolonger un peu le voyage, je vous invite à entendre KOKIA, dans ce magnifique extrait de son album Real World, Oto no tabibito (traduction approximative : le voyage du son). Je vous avais déjà présenté cette étonnante chanteuse dans une précédente série de videos. Pour ceux qui la découvrent aujourd'hui, KOKIA, c'est un peu la Loreena MacKennit/Enya du Japon. Fermez les yeux et entrez dans un nouveau monde d'harmonie.



Bonne écoute et bise à tous !
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Merisel Faradhreia

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